Modes de pensée: 1-La pensée mythique

كتبهامحمد أندلسي ، في 12 أغسطس 2007 الساعة: 15:12 م

                            1-La pensée mythique :

1- Définition :

 Le mythe- dans sa signification anthropologique moderne- est un récit imaginaire, c’est-à-dire un récit qui n’est ni réel ni historique, mais il a un noyau qui plonge ses racines dans l’histoire.

Le mythe a une fonction fondamentale, il vise – à travers l’interprétation des phénomènes et des choses – à l’auto instauration de la collectivité ou de la nation. Il est donc un récit d’instauration, c’est à dire un ensemble de discours oraux ou écrits, qui transforment le parcours historique de la collectivité en un ensemble de valeurs originelles, voire en des modèles de comportement et de pensée idéales.

Ces modèles, en s’enracinant dans la mémoire collective, deviennent des instances fondatrices et déterminantes du destin du clan. On peut citer quelques exemples comme : L’exil du prophète Moise ; les endurances du Christ ; La fugue du prophète Mohamed.

Cela signifie que le mythe donne aux évènements, aux choses, des sens et des valeurs qui jouent un rôle déterminant dans la fondation identitaire des collectivités et des sociétés.

Ces sens et valeurs s’enracinent voire s’enrichissent d’une façon permanente à travers leurs applications rituelles continues dans l’existence individuelle et collective.

Chaque société a besoin d’un mythe,  et sa vie en dépend. Ainsi par exemple, la révolution française de 1789, est vécue par les français comme un grand événement (mythique) fondateur de leur identité.

Le mythe a aussi un rapport étroit avec les besoins de la société, voire avec son niveau d’évolution. Par exemple le mythe dans une société industrialisée comme la France, n’est pas de la même nature que le mythe qu’on trouve dans une société agricole comme le Maroc ou la Tunisie.

Mais ce qui importe, c’est que chaque société se nourrit d’un mythe fondateur qui constitue son âge d’or, mais qui a perdu - durant le temps – ses aspects réel et historique, et s’est transformé en un récit imaginaire qui transcende la réalité.

D’après cette signification positive, le mythe apparaît comme ce qui donne sens et valeurs à l’existence humaine. Il constitue un rêve utopique, ou une imagination fructueuse et douce qui sème la vivacité et la fertilité qui empêche l’existence humaine de devenir rude et sombre, en l’élevant au rang d’un ciel pur, et à une idéalité heureuse.

En vérité il existe une grande différence entre le mythe et la mythologie qui nous oblige à les tenir séparés et distincts :

Si le mythe assume un rôle et une fonction positifs qui consistent à mobiliser les énergies, à pousser les individus à s’affirmer dans leurs existences, alors le rôle que joue la mythologie est au contraire négatif. Elle sème la détente , pousse l’individu à la soumission, et le met à la merci des forces réactives. A vrai dire, lorsque le mythe se dévalorise, voire se dégénère et devient décadent, il se transforme en mythologie ; quoique que ses racines restent enracinées dans la conscience populaire de la nation.

L’une des grandes découvertes de l’anthropologie d’aujourd’hui, consiste à démontrer le rôle déterminant de l’imaginaire mythique dans la construction de l’histoire. De nos jours, il est admis que ce ne sont pas seulement les événements, les facteurs économiques et les luttes des classes qui font l’histoire ; mais celle-ci se forge aussi par l’imagination, les rêves voire les fictions qui précédent ou accompagnent ces événements.

 2- Caractères et mécanismes de la pensée               mythique :

 On peut distinguer au niveau des études entamées sur le mythe, entre deux approches diamétralement opposées :

La première, représente la position positiviste et historiciste qui reste dominantes durant le vingtième siècle. Parmi ses représentants on peut citer le sociologue français Lévy-Bruhl.

Cette attitude affirme que la pensée mythique constitue dans l’histoire de la pensée humaine, une étape qu’on peut qualifier comme prélogique.

La deuxième étude, est celle qui était entrepris par l’anthropologie moderne. Elle est représenté par plusieurs chercheurs, parmi lesquels on peut citer les noms de : Claude Levi-strauss, Mircea Eliade, Ernest Cassirer, Pierre Bourdieu, etc.

Cette deuxième étude est une revalorisation de la pensée mythique. Il ne défend pas seulement sa valeur logique, mais bien plus il considère que la seule différence qui distingue la pensée mythique des autres modes de pensée dites modernes, comme la philosophie, la science, n’est qu’une différence au niveau des formes des images du monde, et n’affecte pas sa valeur  logique.

Notre étude des caractères de la pensée mythique – pour des raisons méthodologiques et pédagogiques - va respecter cette distinction entre les deux approches citées dessus. On va commencer par la première et on va conclure par la deuxième.

 A- L’étude pré-critique de la pensée mythique : 

    Les études anthropologiques et ethniques qui s’intéressent  aux études généalogiques et historiques des collectivités humaines, ont découvert chez des sociétés dites primitives (c’est à dire les sociétés qui ont resté isolé de la civilisation humaine, dans des régions d’Asie, d’Australie, d’Afrique et du pole nord du continent Américain) ; un mode de pensée voire une mentalité qui est complètement différente de la pensée logique ou de la mentalité dite civilisée. Cette pensée mythique – selon Lévy-Bruhl – ne respecte pas les principes de la logique, et les procès de raisonnement. Cette découverte était à la base de ce que Lévy-Bruhl appelle « la mentalité prélogique ».

D’après sa recherche, Lévy-Bruhl à déterminé les principes et les fondements de cette mentalité dans les caractères suivants :

 1-Le non respect des opérations mentales :

La pensée mythique –selon –Lévy-Bruhl- ne respecte pas les opérations de raisonnement mentales, parce qu’elle croit au concret, et elle est trop attaché au sensible.

Cette mentalité que Lévy-Bruhl qualifie comme primitive, n’admet pas les vérités logiques : comme « le tout est plus grand que ses parties », « la chose ne peut pas être elle même et autre chose en même temps »…etc.

Cela veut dire que la pensée mythique ne respecte pas les principes de la logique comme : le principe d’identité, principe de la non contradiction, principe du tiers exclu, principe de la causalité, etc.

En vérité, Lévy-Bruhl va plus loin dans son affirmation de la nature prélogique de la mentalité primitive : il affirme que le primitif considère l’acte de pensée comme un souci qu’il ne peut pas assumer.

 2-La tendance vers la pensée surnaturelle :

Cette mentalité primitive se caractérise aussi par sa forte tendance vers la pensée surnaturelle, qui explique les phénomènes naturelles et humaines en se référent à la mythologie et la magie, et en croyant aux forces invisibles cachées, comme les esprits et les diables. Au sein de cette perspective, touts les phénomènes et les êtres apparaissent comme entremêlés avec des forces surnaturelles.

Selon Lévy-Bruhl, cette croyance aux forces surnaturelles, a empêché le primitif   de s’intéresser à la recherche des causes naturelles ; d’ou  sa tendance  à expliquer les phénomènes et les événements qui lui arrivent dans sa vie, comme : la défaite, la maladie, la mort, en les référent aux forces surnaturelles(la magie d’un sorcier, la vengeance des esprits du mal, etc.). Le primitif, selon Lévy-Bruhl, croit à la présence partout des esprits et à leurs métamorphoses, de sorte qu’il y a des interactions entre des êtres visibles et invisibles.

 

3-La loi de la participation :

La domination de la perception magique du monde, et l’explication mythologique de ses phénomènes, ont fait que la mentalité primitive considère que la vie de l’individu se constitue d’un réseau  de participations surnaturelles, non seulement avec les autres membres du clan, mais aussi avec les êtres animaux et végétaux . Bref, cette participation existe entre tous les êtres qui habitent le même territoire. C’est ce que Lévy-Bruhl nome « loi de la participation ». Il s’agit d’une loi qui est à l’opposé du principe de la non contradiction qui caractérise la pensée logique. Par exemple : lorsque le primitif est atteint d’un mal, ou mordu par un animal sauvage comme le serpent ou le scorpion, il croit que la source de ce mal, n’est pas c’est animal qu’il a mordu, mais c’est l’effet d’un esprit de  magicien malfaiteur incarné dans l’animal.C’est pour cela que le pouvoir du magicien dans ces sociétés dites primitives est illimité, vue les forces gigantesques dont il se dispose.

 4-La puissance du Mana :

Selon Lévy-Bruhl, le primitif croit à l’existence d’une puissance cachée gigantesque, il la considère comme la source de sa réussite dans ses œuvres et ses actes : c’est elle qui est derrière la victoire de son clan dans une bataille, ou d’avoir  réussit une bonne récolte.

Cette puissance est nommé par les indigènes de la Malysie « puissance de Mana ».

Il faut souligner qu’il y a une ressemblance frappante entre cette puissance de Mana, et ce qu’on appelle dans la culture arabo-musulmane « al baraka », est qui est  considéré aussi par les adhérents de cette culture, comme la source de leurs richesses, et  la réussite dans leurs projets.

 5-Le Totem et le Tabou :

Selon Durkheim, le clan primitif est un clan totémique ; c’est à dire qu’il est constitué par un ensemble d’individus qui se considèrent comme ils appartiennent à la même parenté sanguine, par ce qu’ils participent ensembles à la croyance au même Totem. Ce dernier peut être un être vivant, et dans la plupart du temps il est un animal. La collectivité érige son Totem  en symbole, croyant qu’elle constitue avec lui une unité psychique et sociale. C’est pour cette raison là q’elle le considère comme le père symbolique sacré de la tribu. Si par exemple le totem était un loup, alors tout le clan le prend comme son symbole, porte son nom et croit qu’il est issu de l’espèce  des loups.

Le clan ne participe pas seulement à la nature du Totem, mais aussi à son aspect sacré. Cette participation à la sacralisation du Totem même s’il est partagé par tous les membres du clan, elle n’est pas au même pied d’égalité pour tous quant au degré de cette participation : par exemple les femmes sont moins participantes que les hommes, les magiciens, les chefs  des tribus, les vieux sont plus participants que le reste du clan.

Cette croyance au Totem, et la participation à sa sacralisation, ont donné naissance à un système d’interdictions que les anthropologues et les psychologues appellent le Tabou. « La prohibition de l’inceste » est considéré parmi l’un des grands Tabou, au sein des clans Totémiques. Il s’agit d’interdire le mariage entre  hommes et femmes qui appartiennent au même clan, et qui participent au même Totem.

En somme, le Totémisme est un système religieux et sociale :

c’est un système religieux par ce que le Totem est sacré, et il est l’objet d’un respect total est absolu.

Il est un système sociale, parce que la croyance au même Totem, fortifie les rapports sociaux entre tous les membres du même clan, et contribue à l’harmonie de la collectivité.

 6-logique d’effet et de sympathie :

Selon Lévy-Bruhl, La mentalité primitive – avec sa croyance à la magie, à la participation, et avec son système Totémique et rituel – constitue une vision globale au monde, fondée sur une grande sympathie vis à vis de la nature et ses choses. C’est une vision qu’ on peut qualifier comme affective et émotionnelle. La pensée mythique utilise la magie comme une arme pour avoir des effets sur le monde invisibles - c’est à dire le monde des  esprits et des diables – en le soumettant aux désire de l’homme et à sa volonté.

Dans la pensée mythique, on croit que l’effet de la substitution, de la magie ne se limite pas au monde invisible, mai il touche aussi le monde visible. Cela peut se comprendre facilement, si on se souvient de ce qui a été dit précédemment, à savoir que la pensée mythique croit à la métamorphose des esprits, voire à l’interaction des deux mondes : le naturel et le surnaturel.

C’est donc, par l’intermédiaire des opérations magiques dont le rôle est d’influencer les forces surnaturelles, et solliciter leurs aides, que la pensée mythique exerce son influence sur les phénomènes déchaînés de la nature comme les tonnerres, les tremblements de terre, la sécheresse, les inondations, les maladies, etc.. Et c’est par ce biais qu’elle croit aboutir à expulser les forces du mal.

Selon le sociologue Français Emile Durkheim et autres chercheurs, le totémisme,  en élaborant une distinction entre les deux mondes : le monde sacré, et le monde profane, constitue l’origine première des religion humaines. Bien plus, il représente lui même la première religion de l’humanité.

Tels sont les caractères importants dégagés par Lévy-Bruhl dans ses études consacrées à la pensée mythique. Et c’est à partir d’elles qu’il a élaboré sa conception sur ce qu’il appelle « la mentalité primitive » qu’il qualifie comme « mentalité prélogique ».

 B- L’étude critique de la pensée mythique :

 Cependant, Lévy-Bruhl va plus tard abandonner cette conception, après avoir été la cible d’une critique violente venant de la part de plusieurs anthropologues et ethnologues contemporains, comme Claude Lévi-Strauss, Maurice Godelier, Ernest Cassirer, Mircea Eliade et d’autres.

Ces derniers chercheurs considèrent que la pensée mythique n’est pas moins logiques que la pensée moderne dite rationnelle voire scientifiques. A leurs yeux, pour que la distinction entre ces deux modes de pensée soit valide et légitime, elle doit être entamée non au niveau des opérations logiques – étant donné que l’être humain qu’on qualifie comme primitif est doué de capacités mentales et cognitives qui lui permettent d’effectuer les mêmes opérations formelles que celles qu’effectue la pensée moderne.

Le philosophe et sociologue Allemand contemporain Jurgen Habermas, affirme que la rationalité des images du monde d’une pensée, ne se mesure pas par ses caractéristiques logiques et rationnelles, mais elle doit être mesurée par les concepts fondamentaux dont dispose cette pensée pour interpréter le monde.

En se basant sur les travaux de recherches entamés par Claude Lévi-strauss et Maurice Godelier, que Habermas a essayé de sa part de dégager de nouveaux caractères propre à la pensée mythique, et qui la distingue en même temps des autres modes de pensée.

Une première caractéristique de la conception mythique du monde, et son aspect total et universel. Selon Habermas le monde de la pensée mythique n’est pas aussi faible qu’on le croit, et il ne répugne pas l’abstrait et l’universel. Au contraire, c’est un monde qui est si riche des images, plein d’informations et de connaissances sur la nature, la géographie, l’astronomie, l’économie, les techniques de production, les rapports de parentés, les rites et les pratiques sacrées, la conduite des guerre, etc.  Ces connaissances et expériences constituent, d’après Habermas, un tout systémique qui fait que touts les phénomènes forment un réseau de rapport de similitude ou de contraste. Par ces relations, la multiplicité des observations se rassemble en une totalité. Le mythe « construit un gigantesque jeu du miroir ou se réfléchit à l’infini, se décompose et se recompose perpétuellement dans le prisme des rapports Nature-Culture, l’image réciproque de l’homme et du monde. Par l’analogie « le monde entier prend son sens, tout est signifiant, tout peut être signifié au sein d’un ordre symbolique ou prennent place, dans le foisonnement et la richesse de leurs détails, toutes les connaissances positives ».

Selon les anthropologues cette capacité de synthèse s’explique par un concrétisme de la pensée mythique, qui s’attache à la surface visible du monde et met ces perceptions en ordre en formant des analogies et des contrastes. Les catégories de phénomènes sont classées et reliées entre elle selon l’homologie et la dissimilarité, l’équivalence et l’inégalité, l’identité et l’opposition. Lévi-Strauss dit que le monde des mythes serai à la fois rond et creux. La pensée analogique tisse l’ensemble de tous les phénomènes en un réseau unique de correspondances, mais ses interprétations ne percent pas la surface de ce qui peut être saisi au niveau du visible.

Il y’a donc –selon  Lévi-Strauss- deux aspects formels qui fondent la pensée mythique : d’un côté le concrétisme de cette pensée qui est lié à la relation qu’il noue à la perception intuitive ; de l’autre côté son élaboration des rapports de ressemblance et de différences qui jouent le rôle de l’organisateur du monde et de ses phénomènes. Aussi Ces deux aspects fonctionnent comme un mécanisme que la pensée mythique met en œuvre pour maîtriser l’aspect arbitraire de l’existence : par l’intermédiaire du procès de similitude et de contraste les différentes forces agissant dans le monde, acquièrent des traits voire des caractéristiques qui les ronde semblable à l’homme. Elles apparaissent dans la conscience de l’homme primitif comme des forces ou des êtres doués d’une volonté, d’une conscience voire d’un pouvoir qui sont similaires à ceux de l’homme, mais en même temps elles sont différends d’eux, à savoir que leurs connaissances, leurs actes sont plus puissantes que celles de l’homme.

L’autre trait fondamental de la pensée mythique, est son aspect animiste voire anthropomorphique. Ce qui est étonnant dans cette pensée c’est l’interdépendance mythique des perspectives entre l’homme et le monde, culture et nature, représentation et réalité, et entre signe et référent. Cependant cette interaction ou interdépendance entre nature et culture, entre le domaine naturel physique et le domaine social-culturel, fait que la pensée mythique est incapable d’entamer une distinction conceptuelle, entre les relations internes de sens(relations logiques) et les relations externes de faits(relations causales), entre les personnes et les choses. En conséquence, la pensée mythique et ses pratiques magiques ignorent la différence entre l’action téléologique et l’action communicationnel, entre une action instrumentale dirigée vers un but dans des situations objectivement données d’une part, et d’autre part l’établissement de relations interpersonnelles. La maladresse à laquelle on attribue l’échec technique ou thérapeutique d’une action dirigée vers un objectif tombe sous la même catégorie que la faute commise dans une interaction qui, par défaut moral de respect des normes, déroge à l’ordre social existent. La défaillance morale et la défaillance physique, ce qui est mal et ce qui est nuisible, se voient étroitement confondus ; de même ce qui est bien avec ce qui est sain et ce qui est avantageux. Inversement, la démythologisation du monde signifie à la fois la désocialisation de la nature et la dénaturalisation de la société.

Ainsi donc on voit comment  le concept mythique de « puissances » et le concept magique d’ « incantation » interdisent systématiquement de séparer entre, d’une part, l’attitude objectivante à l’égard d’un monde d’états de choses existants, et d’autre part, l’attitude conforme ou non-conforme à l’égard d’un monde de relations interpersonnelles réglées par des lois.

Selon Habermas il est difficile au sein de la conception mythique du monde, d’établir des distinctions sémiologiques similaire à celles qu’on effectue dans notre langage entre le signe, le signifiant, le signifié et le référent. En outre, cette conception entame une adéquation voire une correspondance entre l’image du monde telle qu’elle se manifeste dans le langage, et l’ordre du monde comme il est ; et cette correspondance l’empêche de prendre l’écart nécessaire vis à vis de ses représentations, ses conceptions et ses perceptions. Autrement dit, la confusion entre nature et culture dans la pensée mythique, acquiert la signification d’une réification de l’image du monde. A vrai dire, il n’existe pas de subjectivité, ni de monde subjectif au sein de la pensée mythique.

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التصنيفات : الفلسفة والدين | السمات:
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