مدونة محمد أندلسي

مدونة تهتم بقضايا الفكر والإنسان بصفة عامة والفلسفة بصفة خاصة

الأحد,آب 12, 2007


3- La pensée philosophique :
 
1-introduction :
 
Ce que nous croyons être la philosophie ne peut se définir à partir d’une perspective livresque et simplement culturelle. La philosophie est une activité qui s’est consacrée à l’histoire humaine.
Sa seule existence dispense d’avoir à en donner une justification radicale. D’autant plus que cette existence répond à une activité du cerveau humain dont le développement et l ‘affirmation ont suscité nombre de problèmes qu’on a appelé philosophiques: leur apparition résultait de la lutte de l’homme pour trouver place dans la société et dans la nature.
Il faut donc comprendre l’activité philosophique comme une lutte, comme l’acceptation d’un défi. Ce défi ne peut provenir que des deux grands domaines dans lesquels se développe la vie humaine : la nature et la société.
C’est au fur et à mesure qu’augmente la nécessité d’une insertion rationnelle dans l’une et l’autre que la lutte philosophique se fait plus créative et plus nécessaire.
Les grands moments de la réflexion philosophique-qui ont enrichi la pensée et la praxis humaines-sont ceux durant lesquels la nature et la société semblent devenir indépendantes et se dérober à la main de l’homme : situations critiques que révèlent l’hostilité croissante de la nature à la vie humaine et à son épanouissement, ou bien dans la société, le règne de la tyrannie, de l’injustice voire de l’absurde.
La philosophie doit se prononcer devant les menaces d’obscurantisme. La mettre en jeu pour que cette prise de position ne soit pas la dernière est une manière de la libérer de l’académisme dans lequel peuvent l’avoir fait tomber quelques-uns de ses pontifes professionnels, qui enseignent la philosophie comme on procède à une visite touristique, sans s’inquiéter de penser son rapport au monde qui les entoure.
Il faut aussi libérer la philosophie de ceux qui la déclarent anachronique ou même morte, du haut d’un scientisme dans l’apparence rigueur ne recouvre, chez ces professionnels de la clarté, que la sottise et l’inutilité les plus absolues.
Le rôle de la philosophie est certain : chaque fois que la société a vécu une mutation historique, la philosophie en a pris acte et a signalé les possibilités ouvertes, même si beaucoup n’ont pu se réaliser.
Sa fonction a, par conséquent, été dynamique ; un travail permanent, une compagnie indispensable.
Chaque fois que la philosophie a fait défaut ou s’est perdue dans le dogmatisme et dans les terminologies pseudo-scientifiques, la société s’est trouvée plus exposée à l’obscurantisme ou à la barbarie.
Aussi, la philosophie doit essayer de trouver aujourd’hui, sans être utopique, sa véritable mission, la justification qui doit être sienne et la vigueur dont elle a besoin.
Dans notre monde culturel, il y a une manifestation du savoir humain, appelée philosophie, qui remplit les pages de nombreux livres. Son existence nous amène à nous demander pourquoi l’homme a éprouvé le besoin de faire de la philosophie. Cette question peut certainement se poser à propos de n’importe travail humain ; mais ce qui nous intéresse ici est le domaine de la philosophie. Pourquoi philosophons-nous ? Pourquoi ont surgi, comme produits d’une activité déterminée, ces systèmes conceptuels dénommés philosophie ?
Ce qu’on pourrait dire en premier, c’est que la pensée philosophique trouve sa justification en ce qu’elle répond à des stimulations déterminées. Au début de sa Métaphysique, Aristote(384-322)mentionne la terreur comme origine de la philosophie. Cependant, cette terreur ne se serait pas manifestée s’il n’avait pas exister une incompatibilité entre l’homme et le monde qui l’entoure. Du fait de la structure particulière du cerveau humain, produit d’une longue phase d’accommodation, l’homme s’est petit à petit détaché, bien que partiellement de son comportement instinctif et s’est adapté aux situations nouvelles.
Pour que cette adaptation se réalise une disponibilité préalable était nécessaire, qui permette à l’homme de compléter, grâce à des interprétations et à du travail, le simple comportement instinctif insuffisant pour s’adapter à ces nouvelles situations.
Le langage fut sans doute le premier et le plus solide lien de solidarité dans le groupe humain ; en même temps il exprimait la capacité de création des hommes et leur aptitude à s’approprier le monde étranger quand cela leur était nécessaire. C’est ainsi que naquirent les mythes, les vieilles légendes des dieux et des héros, dans lesquelles on reconnaît l’effort fait pour établir un monde intermédiaire entre la nature et le monde, effort qui est également à l’origine de la philosophie. Cependant, dés le début apparut en celle-ci un élément qui la distinguait nettement des mythes ou de la religion.
De même que le travail est un moyen de dominer et d’assimiler la nature, la philosophie est une réponse par laquelle, à l’intérieure d’une société déterminée, l’homme interprète la réalité en fonction des présupposées et des intérêts exclusifs de la communauté à laquelle il appartient. Ce fut en Grèce que prit naissance cette activité qui plus tard, allait s’appeler philosophie. Comme les interprétations usuelles de cette activité ont faussé son sens, il convient d’y revenir, d’autant plus que le modèle que nous pouvons tirer de son analyse est valable pour comprendre tout le développement ultérieur de la quête philosophique.                  
Pour préciser d’une façon rigoureuse en quoi consiste cette activité humaine appelée philosophie, nous n’avons dans un premier temps que les données que nous fournit l’histoire ; c’est donc dans le cadre historique que la philosophie se présente. Il est parfaitement impossible de faire abstraction de ce cadre historique, de même que le scientifique qui étudie la composition d’un corps déterminée ne peut s’abstenir de le situer dans son milieu. Cependant, la philosophie n’est pas parvenue à se stabiliser, comme l’ont fait les sciences, en une série de travaux qui réunissent, sous la forme des traités, les découvertes des différends chercheurs. Les recherches scientifiques exigent bien entendu de nombreuses vérifications, lesquelles son souvent le moteur du progrès. Malgré tout, le progrès et l’accumulation de données semblent être deux des caractéristiques fondamentales qui permettent de mesurer la consistance du savoir scientifique. Or ce qu’on entend généralement par philosophie ne peut être jugé avec les mêmes critères que ceux qui servent à apprécier  les disciplines scientifiques.
Il ne semble pas que le progrès soit la principale caractéristique du discours philosophique. Il ne semble pas non plus possible de parler à son propos d’« accumulations de données ». Comme la philosophie est essentiellement liée à l’histoire est conditionnée par elle, elle est nécessairement soumise aux mêmes contradictions ; dépendante des hommes et des problèmes qui dominent chaque époque, elle suit les mutations qui jalonnent leur devenir. Les livres de philosophes restent pour les générations ultérieures, comme des témoignages sur un moment dépassé de la vie intellectuelle, et c’est ainsi qu’ils nous permettent de reconstruire a posteriori le monde des relation et des significations qui appartiennent en propre à la philosophie.
Nous voici donc devant un problème intéressent: d’ou vient cette difficulté à reconstituer, comme résultat d’une longue histoire d’expériences philosophiques, un corps de doctrine qui réponde spécifiquement au nom de philosophie ? Mais qu’entend-on au juste par philosophie ? Emprunter à un philosophe déterminé une définition de cette discipline, pour servir de fil directeur à notre recherche, serait parfaitement arbitraire. Car une telle définition n’a de sens et de justification que dans un contexte précis ; elle ne peut fonctionner qu’à l’intérieur du langage et de la pensée du philosophe concerné. Nous pourrions peut-être découvrir des traits communs dans l’œuvre de Platon, Descartes, Kant, Hegel, Nietzsche, Sartre, etc., qui nous permettent de faire une proposition de définition réunissant ces traits communs et délimitant le territoire des connaissances explorées par tous. Mais cela nous mènerait trop loin. Nous ne ferions que reproduire les lieux communs qui se sont transmis sur la philosophie et collaborer à la confusion régnante.         
Un regard de perspective sur l’histoire de la pensée philosophique permet de repérer trois « postures » ou trois détermination qui ont toujours coexisté au fil du temps :
-la première envisage la philosophie comme « pensée critique », voir comme « école du doute ».
-La deuxième lui assigne l’ambition de trouver la vérité ultime.
-La troisième nous dit que son but est l’apprendre à bien vivre.
 1-L’école du doute :
La première façon d’envisager la philosophie est d’en faire une école du doute.
Le personnage qui représente le mieux cette conception, c’est Socrate, le sage et le sceptique, qui peut condamné à mort pour « délit d’opinion ».
 
2-Le cadre d’une définition :
 
La philosophie est donc une activité qui vient en réponse à des situations déterminées ; il nous faut maintenant préciser quelles sont ces situations.
2-1-La situation naturelle de l’homme, c’est-à-dire le statut original de l’esprit humain, comparé à l’instinct de l’animal, entraîne des rapports tout à fait différents au monde et permet de briser l’assujettissement aux lois naturelles. Les symboles mythiques, les légendes, constituaient les liens qui permettaient de comprendre les motifs de la résignation devant ces lois naturelles, et les avantages qui pouvaient résulter du respect de ces lois. L’ensemble de ces discours symboliques sur l’homme et son destin, qui correspondent toujours à une étape pré-philosophique, précède le développement de la pensée critique qui, elle, ne prétend plus parvenir à la libération sans la connaissance, ni à la justification sans la raison.
 
2-2-La situation sociale de l’homme se substitue très rapidement à sa situation naturelle. Chaque individu hérite, notamment au travers du langage q’il reçoit de la société ou il naît, les cadres dans lesquels sa pensée devra se couler. Nulle pensée n’est possible en dehors de ces cadres. La pensée est ainsi limitée par ses propres conditions d’existence, c’est-à-dire par la langage, qui est un produit sociale et qui circonscrit jusqu’aux formes dans lesquelles un individu peut tenter d’échapper aux schémas traditionnels. On ne peut pas révoquer purement et simplement un pareil héritage ; tout effort de libération à l’égard du carcan des traditions-ce qui par excellence la philosophie-conserve la marque déterminante de ce carcan ; il est illusoire de croire qu’on pourrait sortir d’un univers de significations déterminées, car celles-ci sont les conditions indispensables pour q’un message original puisse être communiqué, transmis, et finalement être reconnu par la communauté linguistique.
 
2-3-La situation historique. Avec cette dernière, le cercle des déterminations sociales s’agrandit. Considérée d’un point de vue historique, la société se trouve dotée d’une dimension temporelle qui permet de comprendre sa structure présente comme le résultat d’une évolution et, dans le meilleur des cas, d’un progrès. La grille d’interprétation historique situe le produit de l’individu dans la double perspective de l’espace et du temps. La détermination historique n’est cependant pas une simple et fatidique limitation. L’histoire n’existe que comme produit des hommes, elle est le résultat des différents projets d’organisation sociale  qu’ils ont élaborés pour rendre le monde habitable. C’est pourquoi tout projet d’organisation sociale, traduisant les intérêts de forces déterminées, entraîne avec lui la guerre, la violence, la malhonnêteté et la mort. La lutte pour la vie sur le plan social est devenue une lutte pour se faire une place dans l’histoire. Mais cette lutte a toujours impliqué des injustices inévitables. Les motivations que les hommes croient se donner ne sont jamais que partielles. Reconnaître cette partialité nous permet de saisir dans les systèmes philosophiques l’aspect idéologique qui en est inséparable.
 
2-4-Motivations culturelles. Ce qu’on nomme communément culture est un produit social, donc historique. Plus exactement, la culture est à la fois la condition et le résultat de la société. Réponses à des conditions naturelles antérieures, elle devient médiatrice et écran entre la nature et l’homme, de telle sorte qu’à son tour elle conditionne les hommes. La philosophie est un des éléments essentiels de la culture, car elle est la seule à assumer de façon systématique l’interrogation critique et rationnelle. La réflexion philosophique s’est souvent constituée contre le conformisme culturel. Cependant cela n’a été possible que grâce aux acquis de la culture qui faisait l’objet de ses attaques et dont elle tentait de se dégager.
La philosophie est donc une réponse concrète à une série de situation qui, comme notre rapide survol le montre, conditionnent tout produit de l’activité humaine. Cela implique qu’il ne suffit pas d’énumérer les conditions concrètes d’exercice de la pensée philosophique pour rendre compte de celle-ci ; il nous faut également comprendre ce qui la caractérise.
En résumé, on donne généralement le nom de philosophie à un mode de pensée abstraite qui tente de cerner la totalité des problèmes posés par la situation de l’homme dans la société, et à travers elle, dans l’univers. La continuité de la réflexion philosophique tient à la nature des questions posées d’avantage qu’à la teneur des réponses, profondément différentes selon l’environnement historique.
Chaque système philosophique porte ainsi la marque de son époque, les possibilités des choix qui lui sont offertes étant limitées par l’horizon historique. Au-delà de ces différences, il reste comme facteur commun à toute réflexion philosophiques de tenter de penser rationnellement la place de l’homme dans la nature et dans la société. Cette interrogation rationnelle suppose que la nature comme la vie sociale, présentent suffisamment de cohérence interne pour que la pensée puissent s’en saisir et les expliciter : elle ne fait que formuler une rationalité immanente au monde. Ce qui signifie que la démarche philosophique suppose avant toutes choses que les lois de la nature et de la vie et les lois de la pensée humaine son homogènes ; même si cette supposition n’est pas fondée objectivement, mais seulement au niveau pragmatique et psychique humaine. 
                  
On l’accuse d’impiété, et surtout par son enseignement de « ** la jeunesse ».à travers ces accusations,on lui reproche en fait, de saper les bases de la constitution , selon l’autorité, discuter du bien – fondé de la religion, de l’état , c'est-à-dire :
La morale, les valeurs, les évidences de la société…c’est risquer de mettre en péril l’autorité de la jeune démocratie : la cité grecque vient de retrouver et de fonder une démocratie après une période de tyrannie. Alors, étant fragile, instable, miné par des querelles intestines, le régime démocratique cherche à établir autorité.
Or, Socrate, depuis plusieurs années, fait figure de trublion, Le subversif, le révolté c’est-à-dire celui qui met le consensus démocratique et ses valeurs, en doute, et en question.
C’est un paradoxe : c’est le régime démocratique à peine rétabli après une période de tyrannie qui condamna à mort le philosophe!
 
La méthode de Socrate :
Telle que Platon son élève nous l’a rapportée dans ses dialogues. ne consistait pas à délivrer des vérités, mais à mettre en doute les vérités dominantes. La démarche consistait à mettre en doute les certitudes établies, en posant une série de questions troublantes.
Devant la jeunesse cultivée athénienne, il aimait provoquer ses contradicteurs qui sont en général des sophistes : (Les détenteurs des procédés de la persuasion et la conviction) :
Il demande par exemple à Protagoras : qu’est ce que la vertue ? est –elle « une » ou bien y’en a -t-il plusieurs formes ? peut-elle s’enseigner ? par un questionnement faussement naïf , il pousse ainsi son interlocuteur à des contradictions.(apories), puis à un aveu d’ingnorance, enfin à une formulation nouvelle du problème. Socrate était le fils d’une sage femme. Sa méthode maïeutique vise à faire accoucher son interlocuteur des vérité qu’il a eu lui. Dans son apologie de Socrate Platon rapporte qu’en quittant son procés, juste après sa condamnation, Socrate se serait tourné vers ses juges en leur déclarant : « Il est temps de nous séparer, moi pour mourir, vous pour vivre. Qui de nous a le meilleur partage ? Personne ne le sait excepté Dieu. ».
Au regarde de la postérité, la réponse ne fait aucun doute. Socrate a perdu la vie, mais il a gagné la renommée universelle. Il est devenu le symbole, l’emblème de la liberté de pensée. Il est ainsi devenu le héros titulaire de la philosophie conçue comme pensée libre et critique. Socrate inaugure en fait une longue tradition dans l’histoire de la pensée. Celle de la méthode du doute. Le vrai philosophe n’est pas celui qui sait mais au contraire celui qui s’interroge sur son savoir , qui sait affronter l’incertitude, là où l’esprit dogmatique croit détenir la vérité.
Cette tradition de la philosophie, comme pensée critique ou sceptique, on la retrouve à l’époque contemporaine sous plusieurs variantes parmi celles-ci je cite deux approches fondamentales : L’approche généalogique qui se rapporte au philosophie allemand F. Nietzsche, et la deuxième approche c’est »la déconstruction » propose par Jacques Derrida. Ces deux approches relèvent du même esprit : s’attaquer à tous les systèmes théoriques qui prétendent à l’université, montrer la faiblesse, la fragilité des savoir que l’on croit les mieux assurés.
3-2)L’enquête du savoir ultime :
Détruire les mythes, dissoudre les certitudes , démystifier les illusions : Telle serait donc le première figure du métier du philosophe.
Tous ne se reconnaissent pas cependant dans ce projet une autre version plus ambitieuse est envisageable.
Celle du maître de vérité, celui qui peut accéder à une connaissance parfaite , inaccessible au commun des mortels, un savoir absolu où le vrai , le beau et le bien se confondent.
Platon- à l’opposé de son professeur Socrate- nous offre un tel portrait du penseur en grand prêtre laïque. Dans « la république », il explique que le peuple ne peut se gouverner lui-même. Il a besoin d’un chef qui sache distinguer le juste de l’injuste, le bien du mal, le vrai du faux.
La condamnation de Socrate par un tribunal populaire lui avait montré combien le peuple peut s’égarer. Pour Platon, seul un « roi- philosophe » on un philosophe – roi peut gouverneur la cité car il est le seul à pouvoir déterminer la vérité.
Cette conception aristocratique de la politique trouve un parallèle dans la théorie des idées de Platon. Les citoyens ordinaires sont voués à croire aux mythes, à céder aux croyances et aux opinions courantes (la doxa).
Le philosophe-comme le géomètre- a accès aux idées les plus abstraites et les plus pures. Car ce que l’on croit être le monde réel- tont ce qui nous entoure – est imparfait, corruptible, éphémère. Tout cela n’est que l’ombre, limage déformée. Tout cela n’est que l’ombre , l’image déformer et vacillante d’une seule vraie réalité, intangible, pure et éternelle qui se trouve dans le monde idéal, surnaturel , le monde des idées.
Cette version de la philosophie entendue comme quête de la vérité, a été dans la postmodernité, qualifiée comme métaphysique, et elle a été la cible d’une critique violente.
C’est pour cela que aujourd’hui, peu de penseurs oseraient afficher les même ambitions : les maîtres de pensée, les bâtisseurs de système ne font plus recette.
3-3)Un art de vivre :
A ceux  que l’espoir d’atteindre une connaissance ultime laisse sceptique, reste une troisième voie offerte : la philosophie entendue comme art de vivre. Cette quête a débuté avec les grands philosophes comme les Epéuriens les stoïcienns, qui enseignent des règles de vie et des exercices spirituels pour guider leur existence.
Epicure (341-270 av.J.C) soutient que pour atteindre le bonheur personnel, il faut tempérer ses besoins, repousser les plaisirs futiles et factices comme le luxe, le pouvoir, la gloire, et fuir les passions. La passion amoureuse elle-même et pour lui une source de plus de souffrance que de statisfaction. Le bonheur se trouve donc dans la vertu, et la vertu dans la sagesse.
C’est en tout cas sur ce modèle a copie sa vie.
L’épicurisme est un refus de la cource effrénée des plaisirs . mais il se démarque de l’ascétisme et du renoncement. Être heureux, pour Epicure c’est choisir entre l’essentiel et l’accessoire entre les ambitions futiles et celles qui comptent vraiment.
Chez les stoïcismes, la maîtrise des passions se voudra plus rigoureuse. Le stoïcisme suggère d’accepter ce qui nous arrive. La quête du biens inaccessibles ne peut qu’engendrer notre malheur.
Une autre formule du bonheur se trouve dans l’idée de « réalisation de soi ». Aristote affirme dans son "Ethique à Nicomaque", que c’est dans l’accomplissement de sa fonction propre que l’homme peut atteindre le bonheur.
Aujourd’hui on peut dire que l’homme me s’accomplit que lorsqu’il a trouvé « sa voie ». « Deviens ce que tu es », « réalise toi » ; tel est le message plus actif que nous livrent certains penseurs.
Parmi ceux-ci on peut citer le philosophe allemand Frédérique Nietzsc he.
Selon Nietzsche, l’homme doit avant tout « apprendre à vivre ». Il s’agit pour lui de concevoir la conduite de la vie comme un métier, et d’insister sur la nécessité de s’y exercer constamment. C’est pourquoi on observe un parallélisme entre ses réflexions sur l’art d’être soi et sa conception de l’histoire : peut-être « faire de l’histoire » et « se faire soi-même «  sont ils deux processus inséparables. A la forme ouverte du sujet correspond l’idée d’une histoire ouverte, qui n’obéit pas à des lois fixées d’avance mais se trouve mise en question à chaque instant. Les hommes font leur histoire eux même, dit Nietzsche, en choisissant librement leur but, et à travers le travail que l’homme fait sur lui-même.
Il ne s’agit pas de se conformer à quelque finalité de l’histoire universelle, car l’histoire, du même que l’humanité, n’ont pas de but déterminé, qui s’impose aux individus comme un fardeau.
Pour Nietzsche l’œuvre du philosophe ne consiste pas à d’établir des lois de l’objectivité, mais elle consiste plutôt à découvrir et à inventer de nouvelles formes de vie qui permettent un optimum d’existence. Ceci n’est possible qu’au moyen d’expérimentations, d’essais, de tentatives qui se renouvellent, sans cesse. Nietzsche prend le risque d’une existence expérimentale qui permet seule au soi de devenir ce qu’il est. Nietzsche met la connaissance et le savoir en rapport avec la formation de l’individus dans le sens d’une œuvre d’art réalisée à travers la vie même. A la philosophie qui met l’accent sur « la découverte de la vérité », il oppose une philosophie qui est « un art de vivre ». L’instrument de la formation de soi est l’ascèse au sens antique, c’est –à dire l’exercice en tant que technique de subjectivation de soi. L’ascétisme Nietzschéen cesse’ d’être une technique de retraite dans l’intériorité, une négation du monde, pour devenir un moyen de potentialiser l’existence.
L’art de vivre que nous rencontrons chez Nietesche est un art du concept. Il s’agit, à travers des plans, des projets, des programmes, de parvenir à une idée. de sa vie. Les concepts – chez lui- ont pour objet la formation et la transformation de soi. Sa conception minutieusement étudiée d’un art de vivre se fonde sur l’ambition de réfléchir sur sa propre existence pour la conduire jusqu’à son concept. La situation présente est mise en rapport avec les intentions qu’elle recèle, afin de modifier, soit la situation, soit les intentions. Nietzsche prépare dans l’écrit l’œuvre de sa vie. Même la conception de la vérité n’est rien d’autre pour Nietzsche qu’ un acte créateur du sujet. Elle n’est pas pour lui un donné qu’il faut trouver et découvrir, mais quelque chose qui est à créer.
 
                    
 
 
 
 
 
 
 


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